Thomas Guarino, des crampons au costume

C’est bien connu, au rugby, le demi de mêlée est un meneur. Il est celui qui touche le plus de ballons dans un match, et assure la transmission entre les avants et les trois-quarts. Il est chargé de diriger le jeu et de l’orienter, et ce rôle sur le terrain lui confère la responsabilité d’être à la fois les yeux et la voix des huit joueurs qui constituent le pack. En d’autres termes, il est le leader de l’équipe et aussi le garant de la stratégie à mettre en place.

C’est le quotidien de Thomas Guarino, joueur emblématique de Nancy Seichamps Rugby, qui, en plus de diriger la mêlée et de faire partie du Bureau des Joueurs (BDJ) nancéo-seichanais, dirige sa propre affaire et est indépendant dans le domaine de la finance.

Lumière sur un jeune homme aux multiples responsabilités.

 

  • Bonjour Thomas. Tout d’abord, nous aimerions revenir sur ton parcours rugbystique : depuis quand joues-tu, qu’est-ce qui t’a amené au rugby et par quels postes es-tu passé ?

J’ai commencé à jouer à l’âge de 8 ans au COS Villers Rugby. J’ai fait une pause pour découvrir d’autres sports (le basket notamment…) Sans grand succès puisque je n’étais pas très bon. J’ai repris le rugby au NSR à 15 ans. J’en ai aujourd’hui 27.

Le rugby, c’est d’abord pour moi une histoire de famille. Comme souvent, c’est mon papa, ancien rugbyman, qui m’a transmis sa passion. D’ailleurs je pense que ça lui faisait plus plaisir à lui qu’à moi de me voir jouer. J’ai grandi en voyant cette bande d’amis de toujours. C’est ce qui m’a amené à jouer et c’est que ce qui va me faire rester encore quelques temps !

J’ai commencé le rugby au poste de 3e ligne aile (oui j’ai joué devant chez les gros comme on dit…). Je me souviens même d’une finale Alsace-Lorraine où je suis rentré 2e ligne avec mon copain Guigui. On n’était pas fier mais quel match. J’évolue depuis l’âge de 19 ans au poste de demi de mêlée.

 

  • Qu’est-ce qui te plaît dans la pratique du rugby ?

Plus petit, c’est déjà l’ambiance qui m’a sauté à la figure. Je faisais partie de cette bande garçons, pressés de quitter l’école sans faire mes devoirs pour aller retrouver mes copains les mercredis et vendredis. C’est toujours le cas. En grandissant, j’ai découvert un sport technique et stratégique. Chacun à une tâche et un rôle précis. Tout seul on ne sert à rien.

Au rugby, et c’est la magie du sport en général, on vit tout : les joies, la fête, les larmes, la déception… C’est là que j’ai réellement appris à me fixer des objectifs et à me bagarrer pour les atteindre.

 

  • À ce propos, quel est ton parcours professionnel ?

J’ai un diplôme en gestion de patrimoine avec une spécialité immobilier obtenu à Metz. J’ai un peu travaillé dans l’immobilier avant de devenir conseiller en financement immobilier.

 

  • Peux-tu décrire ton emploi et ton entreprise actuels ?

J’évolue au sein de LA CENTRALE DE FINANCEMENT, à Nancy. Mon quotidien est de négocier, optimiser, accompagner et défendre les conditions de financement et les intérêts de mes clients lors d’un financement immobilier dans le cadre d’un projet d’achat, de construction, de défiscalisation… pour les particuliers et professionnels.

En amont, ma mission consiste à conquérir, développer et animer un réseau de prescripteurs, un réseau d’apporteurs d’affaires. Ils sont des agents immobiliers, des constructeurs mais aussi des conseillers en gestion de patrimoine, des marchands de biens, des cabinets d’expertises comptables, des cabinets d’avocats… C’est là qu’interviennent des qualités de commercial, de persuasion et de persévérance.

Le second volet consiste à transformer le projet de vie de mes clients en réalité : je négocie et optimise avec mes partenaires bancaires les meilleures conditions de financement pour leurs comptes. Il faut être réactif et transparent, doté d’un savoir-faire technique et législatif pour une excellente connaissance du marché bancaire.

 

  • Pourquoi as-tu choisi de devenir indépendant ?

Ce n’était pas mon choix de départ. Je connaissais mal ce statut et je trouvais ça risqué. Puis j’ai fait quelques rencontres, eu quelques sollicitations et j’ai décidé de me lancer tout en maitrisant les risques. Quand on croit à son projet, quand on est motivé et bien entouré, on ne peut que grandir et réussir !

 

  • Dans ta vie de tous les jours, as-tu souvent l’occasion de faire le lien entre ta passion (le rugby) et ton métier ?

Tous les jours. On parle dans les deux cas de savoir-faire et de savoir-être : les deux sont indissociables dans le monde sportif et professionnel.

J’ai aujourd’hui besoin d’écouter, de communiquer, de me fixer des objectifs et d’avoir besoins des autres pour y arriver dans ma vie sportive mais aussi dans mon métier.

Je suis indépendant mais j’ai besoin d’une équipe et d’un cadre. Je ne pourrais jamais pratiquer un sport individuel, sinon avec qui partager ses victoires ?

 

  • Quelles sont les qualités communes que doivent partager un demi de mêlée et un indépendant selon toi ?

Un demi de mêlée est la personne qui oriente le jeu, qui prend du recul pour guider et distribuer. Il faut qu’il soit tenace, persévérant et un peu filou.

C’est pareil dans mon métier. Je me dois de guider et donner du rythme en tant qu’intermédiaire entre mes clients et leur future banque. Je suis là pour asseoir et concrétiser leur projet mais surtout rassurer et gérer l’ensemble du processus de financement.

 

  • En plus de ces activités, tu es également un membre actif du bureau des joueurs ? Pour quelles raisons as-tu décidé de t’y engager ?

J’aime ce groupe, ce club et cette ambiance. Nous partageons les moments de rugby ensemble mais pas que. Une équipe se construit aussi en dehors des terrains et c’est pour ces moments que j’ai décidé de faire partie de ce qu’on a appelé le BDJ, notre bureau des joueurs. On se sert de ça pour organiser des évènements et des soirées. Le but est d’autofinancer chaque année un voyage, un weekend de cohésion pour faire vivre ce groupe et ça se ressent sur le terrain.

 

  • Est-ce une activité qui t’apporte de nouvelles compétences ?

Cela me prend du temps et ça me fait stresser. Mais c’est génial. Et puis je ne suis pas tout seul. On apprend de tout, tout le temps et en effet, gérer plus de 30 rugbymen sur l’organisation de certaines choses m’apprend à gérer l’humain, il n’y pas meilleure école !

 

  • Quels sont tes projets rugbystiques à venir ?

Nous sommes aujourd’hui dans le haut du classement, le groupe vit bien et nous avons encore une grosse marge de progression, n’ayons pas peur d’être ambitieux, d’y mettre les moyens et souhaitons-nous de gagner le championnat et d’accéder à la division supérieure.

 

  • Et du côté pro ?

Idem, je suis sur une bonne dynamique, mes clients sont satisfaits de mon travail et j’ai de très bons retours ce qui me donne envie de faire encore plus et encore mieux alors pourquoi ne pas viser là aussi le haut du tableau !

 

Venez nombreux encourager Thomas et les séniors de Nancy Seichamps Rugby lors de la rencontre NSR – Saint Dié au Stade Matter le 18 mars prochain.

 


Coordonnées de Thomas Guarino