Pierrot NEU nous dit tout

Chaque club a une histoire que les Moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et le rugby à Nancy n’échappe pas à cette règle puisqu’il est plus que centenaire ; son histoire est par conséquent bien longue & – pour beaucoup  – inconnue… Comment donc la découvrir ? En interrogeant ceux qui la connaissent… d’autant plus qu’ils l’ont faite ! Une histoire ovale, une histoire d’hommes toujours, de femmes aussi, de victoires, de défaites, de kilomètres parcourus en tous sens.

N’est-ce pas Pierrot ?

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Quel est ton premier souvenir rugbystique ?

Pierrot : « Mon premier souvenir ? Là ? Comme ça ? C’est les déplacements en Bourgogne ! Je conduisais le bus de l’équipe. »

A quel club nancéien étais-tu le plus lié ?

Pierrot : « C’est avec le SLUC. Les dirigeants ont contacté mes parents pour transporter toutes les équipes du club. On a même transporté les équipes de basket du SLUC. »

De quand date l’entreprise « Neu » ?

Pierrot : « Elle a été fondée en octobre 1919 par mon grand-père, Pierre Neu, rue du vieil-aître à Nancy. C’était – à l’époque – des voitures hippomobiles !

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On a eu notre 1e  véhicule motorisé en 1922. C’était un Renault KZ. On en a eu aussi de la marque « Unic » – une marque française.

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Mon père – Paul – a succédé à mon grand-père dans les années 1930. Quant à moi, j’ai repris l’entreprise en 1972. C’est en conduisant des bus pour le SLUC que j’ai découvert le rugby. »

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Quel a été ton rôle au club ?

Pierrot : « Pour rendre service, j’étais régulièrement noté comme remplaçant. C’est comme ça que j’ai joué un jour en 3e division. Je me souviens aussi d’avoir marqué un essai – avec l’équipe réserve – à Homécourt. Combien de fois j’ai été arbitre de touche ? Je ne m’en souviens pas… Mon frère Jean-Louis a été joueur au club. »

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Quels sont tes meilleurs souvenirs ?

Pierrot : « Je me souviens bien des déplacements en Bourgogne, à Rouen, Albertville, Lille ! Pour aller à Albertville, on était tellement en retard qu’on a dû téléphoner au club savoyard pour le leur annoncer : ils nous ont envoyé des motards pour nous ouvrir la route…

Je me souviens bien aussi des arrêts au restaurant de la gare de Langres. Le patron était un ancien rugbyman : il acceptait qu’on y mange nos sandwiches !

Evidemment les 3e mi-temps, ça comptait beaucoup. Les joueurs en tenue d’Adam, debout sur les tables, en train d’entonner les chants traditionnels… »

Un moins bon souvenir ?

Pierrot : « Je me souviens d’un match à Nuits-Saint-Georges durant lequel notre talonneur – Jalabert – a marqué un essai. L’équipe adverse s’est vengée lors de la mêlée suivante. Résultat, il s’est mordu la langue. Elle était coupée. A l’époque, il n’y avait pas de protège-dents ! »

Et un moment mémorable ?

Pierrot : « C’est à Dole en mars 1967, quand le SLUC a rencontré l’U.S. Vizille, pour la montée en 2e Division. C’est moi qui conduisais le bus. Le résultat ? Très serré : 3/0. Un drop de Michel Folcher… Je me rappelle bien encore ! »

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Et ta femme, que pensait-elle de ton implication rugbystique ?

Pierrot : « Elle m’accompagnait parfois. Nous partions même de temps en temps en famille. On mettait la poussette dans la soute du bus. »

Aujourd’hui, Pierrot cultive toujours ses deux passions en collectionnant les bus miniatures et en venant deux fois par semaine distribuer le goûter des gamins de l’école de rugby. Il est aussi l’archiviste en chef du rugby à Nancy. Rien de ce que s’est fait dans l’ovalie nancéienne ces 50 dernières années ne lui a échappé. Le club lui a déjà rendu hommage en lui dédiant sa nouvelle salle – honneur qu’il partage avec Margot Lotte. Ci-dessous, vous pouvez voir le pdt Olivier Heid & notre ami Pierrot, lors de l’inauguration :

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Aujourd’hui l’entreprise Pierre Neu ne transporte plus les joueurs nancéiens car, à sa retraite, Pierrot l’a vendue. Il reste les souvenirs et les documents d’époque !

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A la question « Qui est Pierrot ? », vous pourrez désormais répondre : « Une fierté du NSR… et du rugby » !